Dépression Masquée : 11 Symptômes à Repérer (+Test)

Sommaire :

La dépression est une maladie complexe. En effet, elle peut se manifester sous diverses formes, ses symptômes varier d’une personne à l’autre et au fil du temps…

Et parfois, elle peut se dissimuler derrière un « masque de normalité ».

Si bien qu’on peut avoir des difficultés à l’identifier.

Et malheureusement, sans un suivi adapté, la maladie peut empirer.

lors aujourd’hui, je vous propose de parler de la « dépression masquée » :

  • Qu’est-ce que c’est ;
  • Quels sont ses symptômes ;
  • Comment la traiter ;
  • Et bien plus…

Si vous voulez découvrir comment reconnaître et traiter la dépression masquée pour vous-même ou vos proches, alors vous êtes au bon endroit.

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En Bref :

😷 La dépression masquée : une souffrance invisible – Elle désigne un état dépressif où les symptômes classiques comme la tristesse sont absents ou dissimulés, donnant l’impression que la personne fonctionne normalement malgré une grande souffrance intérieure.

🔍 Des signes à reconnaître : La dépression masquée se manifeste souvent par des symptômes physiques (douleurs chroniques, troubles digestifs, fatigue), des troubles cognitifs, de l’irritabilité, du perfectionnisme ou des comportements compensatoires.

🛡️ Pourquoi cache-t-on sa dépression ? : Les mécanismes de défense psychologiques, la pression sociale, la stigmatisation et les distorsions cognitives liées à la dépression elle-même nous poussent à dissimuler notre souffrance.

👨‍⚕️ L’importance du diagnostic professionnel : Consulter un médecin est essentiel pour écarter d’autres causes possibles et obtenir une évaluation complète de notre état psychologique.

💊 Une approche thérapeutique multimodale :  Le traitement combine généralement psychothérapie (notamment TCC), parfois des médicaments, et des changements de mode de vie comme l’activité physique et une meilleure gestion du stress.

🤝 Soutenir un proche : Créer un espace de dialogue sans jugement, être attentif aux changements subtils, encourager à consulter et maintenir le lien tout en respectant son rythme sont des façons d’aider quelqu’un qui souffre de dépression masquée.

Sommaire :

Qu'est-ce que la Dépression Masquée ?

La dépression masquée désigne un état dépressif où les symptômes classiques de tristesse et de désespoir semblent absents, refoulés ou dissimulés. Les malades nous paraissent donc fonctionnels, et parfois même joyeux malgré une grande souffrance intérieure.

Pour autant :

Il est important de noter que la dépression masquée – également appelée « dépression souriante », silencieuse » ou encore « mélancolie souriante » – n’est pas un trouble clinique officiellement répertorié dans la Classification Internationale des Maladies, mais elle décrit néanmoins une réalité clinique observée par de nombreux professionnels de santé.

La dépression masquée correspond généralement à une dépression légère ou modérée où nous parvenons, avec plus ou moins de difficultés, à maintenir notre fonctionnement social et professionnel. Cela ne signifie pas que la souffrance est moindre, mais plutôt qu’elle s’exprime différemment.

Quels sont les Symptômes d’une Dépression Masquée ?

La dépression est une maladie psychique qui dure plus de deux semaines et se manifeste par :

  • Un sentiment persistant de tristesse, de vide ou d’irritabilité ;
  • Une perte d’intérêt et de plaisir dans les activités du quotidien.

Si ces signes classiques passent souvent inaperçus, les malades peuvent également souffrir de :

  • Douleurs chroniques inexpliquées (maux de dos, migraines, tensions musculaires) ;
  • Troubles digestifs (nausées, diarrhée, constipation) ;
  • Fatigue extrême qui ne s’améliore pas avec le repos ;
  • Des troubles du sommeil (difficultés d’endormissement, réveils fréquents, sommeil non réparateur) ;
  • Sensations de vertige, des palpitations ou des douleurs thoraciques sans cause médicale claire.
  • Difficultés de concentration et des pertes de mémoire ;
  • Irritabilité marquée ou des sautes d’humeur ;
  • Perfectionnisme excessif ou un surinvestissement dans le travail ;
  • Un besoin compulsif d’aider les autres pour éviter ses propres émotions ;
  • Consommation excessive d’alcool, de nourriture ou de substances pour apaiser un mal-être ;
  • Évitement des conversations profondes et une tendance à minimiser ses difficultés.

La dépression s’exprime donc à travers une variété de symptômes qui affectent différemment l’humeur, les pensées et le comportement des malades.

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Pourquoi masque-t-on la dépression ?

Plusieurs facteurs peuvent nous pousser à dissimuler notre dépression, même inconsciemment :

Les mécanismes psychologiques de défense

Notre psychisme utilise différents mécanismes pour se protéger de la souffrance :

  • Le déni : nous refusons de reconnaître notre état dépressif (« Ce n’est qu’une mauvaise période »)
  • La rationalisation : nous trouvons des explications logiques à nos symptômes (« C’est normal d’être fatigué avec tout ce travail »)
  • La compensation : nous surinvestissons certains domaines pour compenser notre mal-être intérieur

La pression sociale et la stigmatisation

Les préjugés persistants sur la santé mentale créent un environnement où nous préférons cacher nos symptômes :

  • La peur du jugement : « Les autres vont me croire faible ou incapable »
  • Les attentes sociales : « Je dois toujours paraître fort et performant »
  • Le désir de protéger ses proches : « Je ne veux pas être un fardeau pour ma famille »

Selon l‘Organisation Mondiale de la Santé, environ une personne sur six souffre de dépression au cours de sa vie, sans distinction de genre, d’âge ou de statut social.

Les distorsions cognitives liées à la dépression

La dépression elle-même brouille notre perception et génère des pensées négatives qui nous poussent à la cacher :

  • « Je ne mérite pas d’aide »
  • « Les autres ont des problèmes plus importants »
  • « Je devrais pouvoir m’en sortir seul(e) »

Ces distorsions cognitives font partie des symptômes de la dépression et peuvent être travaillées en thérapie.

Diagnostic et causes de la dépression masquée

Si nous reconnaissons plusieurs des symptômes, consulter un·e professionnel·le de santé constitue l’étape essentielle pour comprendre ce qui se passe et obtenir de l’aide.

Le processus de diagnostic

Le médecin généraliste représente souvent la porte d’entrée idéale pour un premier échange.

Son rôle sera de :

  • Réaliser un bilan médical pour écarter d’autres causes possibles (troubles endocriniens, carences, etc.)
  • Évaluer notre état psychologique global
  • Nous orienter, si nécessaire, vers un psychiatre ou un psychologue pour un suivi spécialisé

Le diagnostic repose principalement sur un entretien approfondi, où nous pourrons exprimer nos difficultés et leurs impacts sur notre quotidien.

Il n’existe pas de test sanguin ou d’imagerie médicale qui soit validé pour diagnostiquer la dépression – c’est pourquoi l’avis d’un professionnel est irremplaçable.

Comprendre les causes

Une fois la dépression masquée identifiée, on cherchera à comprendre ses origines, qui sont généralement multifactorielles :

  • Facteurs biologiques : Des déséquilibres neurochimiques, des prédispositions génétiques ou des problèmes hormonaux peuvent contribuer au développement d’une dépression.
  • Facteurs psychologiques : Certains traits de personnalité, comme le perfectionnisme ou la tendance à réprimer ses émotions, favorisent parfois l’apparition d’une dépression masquée. Les traumatismes non résolus jouent également un rôle important.
  • Facteurs sociaux et environnementaux : Des événements de vie stressants (deuil, chômage, rupture), un environnement professionnel ou familial difficile peuvent déclencher ou aggraver une dépression.
  • Maladies associées : Certaines conditions médicales comme les maladies cardiovasculaires, neurologiques ou endocriniennes peuvent être associées à l’apparition d’une dépression masquée.

Distinction avec d'autres troubles

Le diagnostic permet également de distinguer la dépression masquée d’autres troubles aux symptômes similaires :

  • Le trouble bipolaire, caractérisé par l’alternance de phases d’excitation et de dépression
  • Le trouble de l’adaptation, lié à un événement stressant identifiable et généralement limité dans le temps
  • Les troubles anxieux, qui peuvent coexister avec la dépression
  • Certaines maladies organiques présentant des symptômes similaires
Femme souffrant de dépression en RDV chez une psychothérapeute TCC

Le rôle de la psychothérapie

La psychothérapie constitue souvent le pilier du traitement de la dépression masquée. Plusieurs approches ont démontré leur efficacité :

  • La thérapie cognitive et comportementale (TCC) : Particulièrement recommandée, elle nous aide à identifier et modifier les schémas de pensée négatifs (distorsions cognitives) qui maintiennent la dépression. Par exemple, la tendance à la généralisation excessive (« je rate tout ce que j’entreprends ») ou à la minimisation des aspects positifs. La TCC nous aide également à développer des stratégies d’adaptation plus saines face aux difficultés et à retrouver progressivement des activités sources de plaisir et d’accomplissement.
  • La thérapie interpersonnelle (TIP) : Cette approche se concentre sur nos relations avec les autres et la façon dont les problèmes interpersonnels (conflits, transitions de vie, deuils) peuvent contribuer à la dépression. Elle aide à améliorer nos compétences de communication et à résoudre les difficultés relationnelles.
  • La psychothérapie psychodynamique : Elle permet d’explorer les conflits inconscients et les expériences passées qui peuvent contribuer à notre état dépressif actuel.


La durée du traitement varie selon notre situation particulière, la sévérité de nos symptômes et notre réponse à la thérapie. Un suivi régulier permet d’ajuster l’approche thérapeutique si nécessaire.

Le rôle des traitements médicamenteux

Dans certains cas, notamment pour les dépressions modérées à sévères, un traitement antidépresseur peut compléter la psychothérapie.

Ces médicaments, prescrits uniquement par un médecin, agissent sur les neurotransmetteurs cérébraux pour aider à rétablir l’équilibre chimique perturbé dans la dépression.

Il est important de savoir que les effets des antidépresseurs ne sont généralement pas immédiats (cela prend 2 à 4 semaines) et qu’un suivi médical régulier est nécessaire.

Pour être efficace, le traitement doit être suivi rigoureusement et ne doit jamais être arrêté brutalement.

PHotographie activité yoga avec deux personnes

Changements de mode de vie

Adopter des habitudes de vie saines peut améliorer notre état et compléter efficacement les autres traitements :

  • Activité physique régulière : L’exercice libère des endorphines, améliore l’humeur et réduit le stress. Même une marche quotidienne de 30 minutes peut faire une différence notable. L’activité physique améliore également la qualité du sommeil et renforce notre sentiment d’accomplissement.
  • Alimentation équilibrée : Certains nutriments jouent un rôle dans la régulation de l’humeur, notamment les acides gras oméga-3, les vitamines du groupe B, le magnésium et les antioxydants. Privilégier les aliments non transformés, les fruits et légumes, les protéines maigres et les céréales complètes peut soutenir notre santé mentale.
  • Sommeil de qualité : La dépression perturbe souvent le sommeil, créant un cercle vicieux. Établir une routine de coucher, limiter les écrans avant le coucher, créer un environnement propice au sommeil et pratiquer des techniques de relaxation peuvent améliorer notre repos nocturne.
  • Techniques de gestion du stress : La respiration profonde ou la relaxation musculaire progressive nous aident à réduire le stress et l’anxiété, souvent associés à la dépression masquée. Ces pratiques permettent également de développer une meilleure connexion entre le corps et l’esprit, particulièrement bénéfique dans ce type de dépression où les manifestations corporelles sont prédominantes.
  • Limitation de la consommation d’alcool et de substances psychoactives : Ces substances peuvent donner l’impression d’un soulagement en masquant temporairement les symptômes mais elle aggravent la dépression à long terme. Leur réduction contribue significativement à l’efficacité des autres traitements.
  • Exposition à la lumière naturelle : Passer du temps à l’extérieur, surtout le matin, peut aider à réguler notre horloge biologique et améliorer notre humeur, particulièrement en cas de composante saisonnière à notre dépression.

Comment aider un proche atteint de dépression masquée ?

Si nous soupçonnons qu’un proche souffre de dépression masquée, nous pouvons l’aider de plusieurs façons :

  • Créer un espace de dialogue sécurisant où il pourra s’exprimer sans jugement
  • Être attentif aux changements subtils dans son comportement ou ses habitudes
  • L’encourager doucement à consulter sans forcer ni culpabiliser
  • Maintenir le lien à travers des gestes simples et réguliers
  • Respecter son rythme et célébrer chaque petit pas vers le mieux-être

N’oublions pas de prendre soin de notre propre santé mentale, car soutenir une personne en dépression peut être émotionnellement exigeant.

 

Geoffrey_Post_Psychiatre_Feel

Médecin psychiatre, spécialiste des Thérapies Cognitives et Comportementales et rattaché au Service de Santé des Armées (Grand Est).

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FAQ

Le choix du thérapeute est une décision personnelle importante. Il est recommandé de :
– Vérifier ses qualifications et son inscription aux registres professionnels
– Faire un premier rendez-vous pour évaluer le contact
– S’assurer que son approche thérapeutique nous correspond
– Ne pas hésiter à consulter plusieurs professionnels avant de faire son choix

La durée de la thérapie varie considérablement selon les personnes et les approches choisies. En général, on peut s’attendre à :
– 3-6 mois pour une TCC classique
– 3-6 mois pour une thérapie interpersonnelle
– 1-2 ans ou plus pour une thérapie analytique

Les signes d’amélioration peuvent inclure une meilleure qualité de sommeil, le retour progressif de l’intérêt pour nos activités habituelles, une diminution des pensées négatives, et une plus grande facilité à gérer les situations stressantes du quotidien.

Une Thérapie Cognitive et Comportementale peut traiter la dépression en 3 à 6 mois.

Les Thérapies Cognitivo-Comportementales ont évolué à travers trois vagues principales.

  • Première vague (1950-1960) : elle se concentrait sur les comportements observables, utilisant des techniques comme le conditionnement et l’exposition pour modifier les comportements problématiques.
  • Deuxième vague (1960-1990) : elle a intégré les processus cognitifs, se focalisant sur la modification des schémas de pensée dysfonctionnels à travers des techniques comme la restructuration cognitive.
  • Troisième vague (1990) : elle a introduit des concepts de pleine conscience et d’acceptation. Cette approche, qui inclut des thérapies comme l’ACT (Thérapie d’Acceptation et d’Engagement) et la DBT (Thérapie Comportementale Dialectique), vise à développer la flexibilité psychologique et l’acceptation des expériences intérieures.

L’analyse fonctionnelle est un outil qui vise à comprendre comment les pensées, les émotions, les comportements, leurs conséquences, et l’environnement interagissent pour maintenir ou aggraver les symptômes dépressifs.

Concrètement, l’analyse fonctionnelle permet de prendre du recul sur les pensées et de vérifier qu’on utilise le bon cercle de fonctionnement.

La restructuration cognitive est une méthode qui permet, face à une pensée négative ou peu rationnelle, d’aller vers des pensées plus positives et adaptées. Elle aide à prendre du recul sur une situation difficile et à réduire le mal-être. Cette stratégie est un élément clé des thérapies cognitivo-comportementales et a été inventée par le psychiatre américain Aaron Beck.

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