Pensées Automatiques : Identifier et Reprendre le Contrôle

Quand on ne va pas bien, on peut avoir l’impression que notre cerveau génère sans cesse des pensées négatives.

Si bien que parfois, on peut se sentir prisonnier de ses propres pensées.

Heureusement, il existe des solutions pour gérer ses pensées automatiques dysfonctionnelles.

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Sommaire :

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En Bref

Qu'est-ce qu'une pensée automatique ?

Les pensées automatiques sont des commentaires spontanés de notre esprit qui surgissent rapidement et influencent directement nos émotions et comportements. Ce sont des jugements rapides, pas des faits établis, souvent déformés pendant les épisodes dépressifs.

Une approche en trois étapes : décrire la situation de manière factuelle, reconnaître l’émotion ressentie, puis repérer cette voix intérieure rapide qui influence notre ressenti. Cette méthode permet de capturer ces pensées souvent furtives mais déterminantes.

La décentration consiste à examiner la situation sous trois angles : que dirait un proche bienveillant, quel conseil donnerions-nous à autrui, ou comment percevrions-nous la scène en observateur extérieur ? Cette technique développe une vision plus équilibrée.

Les biais cognitifs comme le catastrophisme, la surgénéralisation ou la personnalisation altèrent notre interprétation de la réalité. Notre cerveau traite les informations trop rapidement, créant des conclusions hâtives et souvent inexactes sur les situations.

Les colonnes de Beck permettent d’analyser systématiquement nos pensées automatiques et de générer des alternatives plus rationnelles. Cet outil structure le processus de transformation cognitive en passant de l’émotion négative à une perspective plus réaliste.

Qu'est-ce qu’une Pensée Automatique ?

Les pensées automatiques sont une voix intérieure qui commente spontanément nos comportements, les intentions des autres, et le monde qui nous entoure. Ces paroles, qui passent souvent inaperçues, influencent directement nos émotions et nos comportements.

Mais pourquoi avons-nous des pensées automatiques ?

Eh bien, notre cerveau traite en permanence des informations pour nous permettre de prendre plusieurs milliers de décisions chaque jour.

Pour être efficace et ne pas nous fatiguer, il a développé des automatismes qui nous font agir ou réagir sans réflexion consciente. Les pensées automatiques sont l’une de ces manifestations.

Et malheureusement, nos perceptions peuvent parfois être brouillées.

Il est important de garder en tête que les pensées automatiques sont seulement des jugements rapides, et non pas des faits établis.

Pensées Automatiques Négatives ou Réalistes ?

Pour mieux saisir le concept de pensées automatiques et voir comment elle affecte effectivement nos émotions et nos comportements, prenons un exemple :

Vous êtes en retard pour aller au travail, et le pneu avant de votre voiture est crevé.

Pensée Automatique Négative

Comme nous l’avons vu, nos perceptions peuvent malheureusement être parfois  brouillées.

C’est par exemple le cas lors d’une dépression qui va distordre notre perception :

  • De nous-même :Je suis nul.le”, “Je ne suis pas à la hauteur” ;
  • De notre environnement et des autres : « Ce monde est injuste » ou “Les autres ne pensent qu’à eux
  • Et celle de l’avenir :Il n’y a aucun espoir” ou “Je serai toujours comme ça”.

Résultat :

Toutes nos pensées automatiques deviennent sombres, influent négativement sur nos émotions ainsi que nos comportements, et peuvent nous enfermer dans des cercles vicieux.

❌ "C'est toujours la même chose, rien ne se passe jamais comme prévu dans ma vie."

Cette pensée automatique, qui souffre ici d’une distorsion cognitive, peut alors engendrer un comportement inadapté.

Résultat :

❌ Vous vous laissez submerger par le stress et la frustration, et après un long moment, vous rentrez vous coucher.

Et il est probable que ce comportement dysfonctionnel ait des conséquences négatives à courts et longs termes.

Femme en pleurs se demandant comment sortir de la dépression

Pensée Automatique Réaliste

Voyons maintenant comment pourrait se dérouler cette situation avec une pensée automatique plus réaliste :

✅ "C'est vraiment pénible... Bon, que puis-je faire pour résoudre ce problème rapidement ?"

Dans ce cas-là, votre pensée automatique est proactive et pratique.

Vous pouvez alors adopter un comportement plus adapté à la situation :

✅ Vous appelez un collègue pour qu'il passe vous chercher, et vous réglerez cette histoire de pneu crevé ce week-end.

Pour cette même situation, nous voyons bien que votre pensée automatique peut engendrer deux ressentis totalement différents.

Exercice n°1 : Identifier les Pensées Automatiques

La première étape pour transformer nos schémas de pensée consiste à apprendre à détecter nos pensées automatiques.

Mais cette identification n’est pas toujours spontanée, car nos pensées émergent souvent dans un contexte émotionnel intense qui peut brouiller notre lucidité.

Une approche structurée en trois temps peut nous aider à y voir plus clair :

1. Contextualiser la situation : Commencer par décrire les faits de manière factuelle, en évitant tout jugement ou interprétation personnelle.

2. Reconnaître l’émotion : S’interroger sur le ressenti émotionnel du moment : tristesse, anxiété, colère, ou un mélange de plusieurs émotions ?

3. Repérer la pensée automatique : C’est souvent une pensée brève, formulée comme une évidence. Elle peut passer très vite, mais elle influence fortement notre ressenti.

Cette méthode permet de prendre du recul et de repérer plus facilement ces pensées déformées.

Au début, il peut être difficile de réaliser cet exercice. Et c’est bien normal ! Cela prend du temps d’arriver à “capturer ses pensées automatiques”.

Si vous avez besoin d’aide pour débuter, voici une liste de pensées automatiques fréquentes :

  • Je n’arrive pas à faire face au monde.
  • Je rate toujours tout.
  • Pourquoi est-ce que je ne réussis jamais ?
  • Personne ne me comprend.
  • J’ai laissé tomber les autres.
  • J’aimerais être quelqu’un de mieux.
  • Je suis si faible.
  • Ma vie ne se déroule pas comme je le souhaite.
  • Je me déçois moi-même.
  • Rien n’est aussi bien qu’avant.
  • Je n’arrive pas à commencer les choses.
  • Qu’il y a-t-il de mauvais en moi ?
  • Je souhaiterais être quelqu’un d’autre.
  • Je ne peux pas faire marcher les choses.
  • Qu’est-ce qui ne va pas en moi ?
  • Je ne fais que perdre tout le temps.
  • Je n’y arriverai pas.
  • Quelque chose doit changer.
  • Mon avenir me fait peur.
  • Je n’arrive pas à terminer les choses.

Exercice n°2 : Changer de Perspective avec la Décentration

La décentration, technique fondamentale en thérapie cognitivo-comportementale, consiste à examiner nos pensées sous un angle différent pour éviter de rester prisonniers de nos interprétations automatiques.

Cette prise de recul permet de questionner nos réactions négatives et de développer une vision plus équilibrée des situations.

Comment pratiquer la décentration ?

On peut utiliser trois approches efficaces pour examiner une situation sous un autre angle :

  • Le regard du meilleur·e ami·e : Que nous dirait un·e proche bienveillant·e dans cette situation ?
  • Le rôle du conseiller·e : Quel conseil donnerions-nous à quelqu’un qui vit la même situation ?
  • Le point de vue du spectateur·trice : Si nous observions la scène de l’extérieur, que verrions-nous réellement ?

Exercice n°3 : Identifier nos Biais Cognitifs

Les biais, aussi appelés “distorsions cognitives”, altèrent notre manière d’interpréter les faits.

Nous traitons les informations (trop) rapidement, et en tirons alors des conclusions hâtives et inexactes.

Mais comment faire pour ne pas subir ces biais ?

Eh bien, la première étape est de les identifier :

  1. Minimisation du positif et maximisation du négatif : Il s’agit d’une tendance à minimiser les aspects positifs d’une situation et à exagérer les aspects négatifs.
  2. Raisonnement en “tout ou rien” : Le raisonnement en “tout ou rien” est une tendance à penser en termes extrêmes (tout ou rien) plutôt qu’en nuances.
  3. Étiquetage : Tendance à catégoriser les gens ou les choses en fonction d’une caractéristique.
  4. Personnalisation : Tendance à considérer que les événements extérieurs sont liés à soi-même, même s’il n’y a aucune preuve de cela.
  5. Inférence arbitraire : L’inférence arbitraire est une tendance à tirer des conclusions hâtives sur une situation en se basant sur un détail ou des preuves incomplètes ou inexistantes.
  6. Abstraction sélective : Tendance à se concentrer uniquement sur certains aspects d’une situation et à ignorer le reste.
  7. Catastrophisme : Tendance à imaginer le pire scénario possible pour une situation donnée.
  8. Sur-généralisation : La sur-généralisation est la tendance que nous pouvons avoir à tirer des conclusions générales sur une situation ou un groupe de personnes en se basant sur une seule expérience.
  9. Shouldisme : Tendance à penser que les choses doivent être faites d’une certaine manière, sans tenir compte de la réalité.

Exercice n°4 : Trouver des Pensées Alternatives

Les colonnes de Beck sont un outil important dans les thérapies cognitives et comportementales (TCC).

Elles ont été développées dans les années 1960 par le Dr. Aaron T. Beck, un psychiatre américain, et permettent :

  • D’identifier la pensée automatique dysfonctionnelle ;
  • Et de travailler dessus en générant des pensées alternatives plus rationnelles.

Prenons un exemple :

  • Situation : Lors d’une réunion, je prends la parole et bute sur un mot.
  • Pensée automatique : “Ils vont penser que je suis incompétent·e”
  • Émotion : anxiété (7/10) ;
  • Pensée rationnelle : “Si mon meilleur ami s’était retrouvé dans cette situation, il aurait simplement dit qu’il a besoin de boire un café en riant et il aurait enchaîné car ça n’est pas grave.”
  • Émotion : anxiété (3/10).

Cet exercice nous permet de prendre de la distance par rapport à nos pensées automatiques, et à nous sentir mieux.

Colonnes de Beck modèle à 5 colonnes

Que retenir ?

J’espère que vous avez désormais toutes les clés pour comprendre comment identifier et gérer vos pensées automatiques.

Si vous êtes aux prises avec des pensées négatives envahissantes, rappelez-vous qu’elles ne sont que des pensées, pas des faits. Des outils comme la décentration et les colonnes de Beck peuvent vous aider à les remettre en perspective.

Il est normal que cela prenne du temps pour maîtriser ces techniques. Soyez patient·e avec vous-même dans ce processus d’apprentissage.

N’oubliez pas : ces outils sont puissants mais peuvent nécessiter l’accompagnement d’un professionnel pour être utilisés au mieux. 🌱

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