Anhédonie : Comprendre cette Incapacité à Ressentir du Plaisir

Sommaire :

Vous êtes vous déjà dit : “J’ai tout pour être heureux, mais je ne ressens rien… »

On peut parfois se sentir vide, anesthésié·e et incapable de ressentir la moindre émotion positive.

Ce phénomène se nomme l’anhédonie. Et c’est un symptôme caractéristique de plusieurs troubles psychiques qu’il est nécessaire de traiter rapidement.

Alors aujourd’hui, je vous propose de découvrir :

  • Ce qu’est l’anhédonie précisément ;
  • Les traitements efficaces ;
  • Les professionnel·les à consulter ;
  • Et bien plus.

Alors si vous cherchez à comprendre et à surmonter l’anhédonie, vous êtes au bon endroit.

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En Bref :

😶 L’anhédonie est l’incapacité partielle ou totale à ressentir du plaisir ou à l’anticiper dans des situations normalement agréables, se manifestant sous forme anticipatoire (ne plus imaginer le plaisir futur) ou consommatoire (ne plus ressentir de plaisir pendant l’activité).

🧠 Ce symptôme résulte d’un dysfonctionnement du circuit de la récompense dans le cerveau, impliquant principalement la dopamine, le noyau accumbens et le cortex préfrontal, dont l’activité est réduite chez les personnes touchées.

🩺 L’anhédonie est fréquemment associée à plusieurs troubles mentaux comme la dépression, la schizophrénie, les troubles bipolaires, les troubles anxieux, et peut être favorisée par des traumatismes, l’épuisement professionnel, l’isolement ou certains médicaments.

⚕️ Il est crucial de consulter un professionnel de santé si l’anhédonie persiste plus de deux semaines, s’accompagne de signes inquiétants ou perturbe significativement la vie quotidienne, pour recevoir une évaluation complète et un traitement adapté.

💊 Le traitement combine généralement plusieurs approches : psychothérapies (TCC, ACT, thérapie interpersonnelle), médicaments ciblant les neurotransmetteurs concernés, et méthodes complémentaires comme l’exercice physique, une alimentation équilibrée et un sommeil régulier.

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L'anhédonie : l’Absence de Plaisir

L’anhédonie vient de deux mots grecs : « an » (sans) et « hedone » (plaisir). C’est l’incapacité, partielle ou totale, à ressentir du plaisir ou à l’anticiper. Ce n’est pas une maladie en soi, mais plutôt un symptôme qu’on retrouve dans plusieurs troubles psychiques.

L’anhédonie est « une diminution de la capacité à éprouver du plaisir dans des situations normalement agréables ».

On distingue deux principales formes d’anhédonie :

  • L’anhédonie anticipatoire : on ne peut plus imaginer ou anticiper le plaisir futur. Par exemple, on ne ressent plus d’excitation à l’idée d’aller au concert d’un artiste qu’on aimait avant.
  • L’anhédonie consommatoire : on ne ressent plus de plaisir pendant l’activité elle-même. Par exemple, on mange son plat préféré mais on ne ressent aucun plaisir gustatif.

Ces deux formes peuvent exister ensemble ou séparément chez une même personne.

Quand on souffre d’anhédonie, on peut toujours ressentir d’autres émotions, surtout les négatives (tristesse, colère, peur), mais on perd spécifiquement la capacité à ressentir le plaisir et la récompense.

Parfois, la joie est présente le temps de l’activité mais elle semble rapidement s’évaporer pour laisser nouveau place à la tristesse.

Femme en pleurs se demandant comment sortir de la dépression

Les symptômes de l'anhédonie : comment la reconnaître

L’anhédonie se manifeste par différents signes qui peuvent vraiment affecter notre qualité de vie :

  • Une indifférence face à des choses normalement plaisantes
  • Une diminution des réactions positives
  • Une sensation de « vide » émotionnel
  • Moins d’imagination et de rêveries agréables
  • Une indifférence ou perte d’intérêt pour les activités qu’on appréciait auparavant
  • L’impression que « rien ne vaut la peine », sentiment de “ A quoi bon? “
  • On se retire progressivement des activités sociales
  • On abandonne ses loisirs et passe-temps
  • On cherche moins de nouvelles expériencesOn exprime moins nos émotions (moins de sourires, de rires)
  • On a tendance à s’isoler (perte du plaisir de partager des moments sociaux)
  • Perte d’estime de soi et culpabilisation (l’anhédonie peut conduire à une perte de la motivation et donner l’impression qu’on est un fainéant)
  • On ressent moins de désir sexuel

Les causes de l'anhédonie : pourquoi perd-on la capacité à ressentir du plaisir ?

L’anhédonie résulte d’une interaction complexe entre facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux.

Causes neurobiologiques

Dans notre cerveau, l’anhédonie est liée à un problème dans ce qu’on appelle le « circuit de la récompense ». Ce circuit est comme un système électrique qui s’active normalement quand nous faisons quelque chose d’agréable.

Quand ce circuit ne fonctionne pas bien, on peut perdre la capacité à ressentir du plaisir.

Ce circuit fonctionne grâce à trois éléments principaux :

  • La dopamine : c’est une substance chimique (un « neurotransmetteur ») que notre cerveau produit et qui nous permet de ressentir du plaisir et de la motivation. On peut la voir comme le « messager du bonheur » dans notre cerveau.
  • Le noyau accumbens : c’est une région du cerveau qui traite les sensations de récompense, un peu comme le « centre du plaisir » de notre cerveau.
  • Le cortex préfrontal : cette partie du cerveau nous aide à anticiper le plaisir et à donner de la valeur aux expériences positives.

Des examens d’imagerie cérébrale ont montré que chez les personnes souffrant d’anhédonie, ces régions sont moins actives qu’elles ne devraient l’être. D’autres substances chimiques comme la sérotonine, l’endorphine et l’ocytocine jouent aussi un rôle dans ce phénomène.

Troubles mentaux associés

L’anhédonie apparaît souvent avec d’autres problèmes de santé mentale :

  • La dépression : l’anhédonie est l’un des deux signes principaux de la dépression, avec la tristesse persistante. Quand on est déprimé, on perd souvent la capacité à ressentir du plaisir.
  • La schizophrénie : les personnes atteintes de schizophrénie peuvent avoir ce qu’on appelle des « symptômes négatifs », qui incluent la difficulté à ressentir du plaisir.
  • Les troubles bipolaires : pendant les périodes de dépression (mais pas pendant les phases d’excitation), on peut perdre sa capacité à éprouver de la joie.
  • Les troubles anxieux : quand l’anxiété est très forte et constante, elle peut empêcher de profiter des moments agréables de la vie.
  • Les troubles de l’usage des substances comme de l’alcool ou d’autres drogues : surtout pendant le sevrage ou juste après, quand le cerveau doit réapprendre à fonctionner sans ces substances.
  • Le stress post-traumatique : après un traumatisme, certaines personnes ressentent un « engourdissement émotionnel » qui comprend souvent une incapacité à ressentir du plaisir.

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Facteurs psychologiques et environnementaux

Plusieurs éléments de notre vie et de notre environnement peuvent favoriser l’apparition de l’anhédonie :

  • Les traumatismes et situations très stressantes : après avoir vécu des événements difficiles, notre cerveau peut se « protéger » en diminuant sa capacité à ressentir des émotions, y compris les positives.
  • L’épuisement professionnel (burn-out) : quand on est complètement épuisé par son travail, on peut perdre la capacité à prendre plaisir aux choses, même en dehors du travail.
  • La solitude qui dure : rester isolé trop longtemps peut perturber notre façon de ressentir les émotions positives.
  • Les maladies chroniques et les douleurs constantes : quand le corps souffre pendant une longue période, cela peut affecter notre capacité à ressentir du plaisir.
  • Certains traits de personnalité : les personnes très perfectionnistes ou qui contrôlent trop leurs émotions peuvent avoir plus de risques de développer une anhédonie.

Il faut aussi savoir que certains médicaments peuvent provoquer de l’anhédonie comme effet secondaire. C’est notamment le cas de certains médicaments contre les troubles psychiques ou contre l’hypertension.

Évaluation et diagnostic : quand et comment consulter

Il est important de consulter un professionnel de santé si l’anhédonie :

  • Dure plus de deux semaines
  • S’accompagne d’autres signes inquiétants (idées suicidaires, problèmes de sommeil)
  • Gêne beaucoup notre vie quotidienne
  • Ne s’améliore pas malgré nos efforts

On peut d’abord en parler à notre médecin généraliste, qui pourra nous orienter vers un psychiatre ou un psychologue selon nos besoins.

Une évaluation complète permettra de comprendre les causes de notre anhédonie et de nous proposer un traitement adapté.

N’oublions pas que l’anhédonie est souvent un signe de dépression ou d’autres troubles mentaux qui peuvent être traités. Ne pas rester seul·e face à ce symptôme est la première étape vers le rétablissement.

Approches psychothérapeutiques

Plusieurs types de thérapies peuvent aider :

  • La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : elle nous aide à repérer et changer les pensées négatives et les comportements qui maintiennent l’anhédonie. Par exemple, elle propose de s’engager progressivement dans des activités potentiellement plaisantes, même si on n’en a pas envie au début.
  • La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) : elle nous apprend à accepter les émotions difficiles tout en agissant selon nos valeurs personnelles, même quand on ne ressent pas encore de plaisir. Par exemple, continuer à voir ses amis même si ça ne nous fait pas plaisir pour le moment.
  • La thérapie interpersonnelle (TIP) : elle se concentre sur nos relations avec les autres, qui sont souvent perturbées quand on souffre d’anhédonie. Elle nous aide à mieux communiquer et à renforcer nos liens sociaux.
Photographie d'une personne en thérapie dépression

Traitements par médicaments

Quand l’anhédonie fait partie d’un problème de santé mentale plus large, des médicaments peuvent être prescrits :

  • Les antidépresseurs : certains médicaments contre la dépression aident à rééquilibrer les substances chimiques dans le cerveau. Les plus courants sont les ISRS (qui agissent sur la sérotonine) et les IRSN (qui agissent sur la sérotonine et la noradrénaline).
  • Les traitements qui agissent sur la dopamine (comme le bupropion) : ils semblent particulièrement utiles contre l’anhédonie car ils ciblent directement le « messager du plaisir » dans le cerveau.
  • Les stabilisateurs d’humeur : pour les personnes qui souffrent de troubles bipolaires.
  • Certains médicaments antipsychotiques à petites doses peuvent parfois aider les personnes atteintes de schizophrénie à retrouver du plaisir.

Méthodes complémentaires

À côté des traitements médicaux, plusieurs activités peuvent aider à retrouver du plaisir :

  • Faire de l’exercice régulièrement : l’activité physique libère des substances qui nous font du bien (les endorphines) et peut aider notre cerveau à mieux fonctionner.
  • Manger équilibré : certains aliments comme les bananes, l’ananas et les noix contiennent du tryptophane, qui aide notre corps à fabriquer de la sérotonine.
  • Dormir régulièrement : un bon sommeil est essentiel pour notre équilibre émotionnel.
  • S’exposer à la lumière naturelle : elle a un effet positif sur notre humeur.

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Geoffrey_Post_Psychiatre_Feel

Médecin psychiatre, spécialiste des Thérapies Cognitives et Comportementales et rattaché au Service de Santé des Armées (Grand Est).

FAQ

Le choix du thérapeute est une décision personnelle importante. Il est recommandé de :
– Vérifier ses qualifications et son inscription aux registres professionnels
– Faire un premier rendez-vous pour évaluer le contact
– S’assurer que son approche thérapeutique nous correspond
– Ne pas hésiter à consulter plusieurs professionnels avant de faire son choix

La durée de la thérapie varie considérablement selon les personnes et les approches choisies. En général, on peut s’attendre à :
– 3-6 mois pour une TCC classique
– 3-6 mois pour une thérapie interpersonnelle
– 1-2 ans ou plus pour une thérapie analytique

Les signes d’amélioration peuvent inclure une meilleure qualité de sommeil, le retour progressif de l’intérêt pour nos activités habituelles, une diminution des pensées négatives, et une plus grande facilité à gérer les situations stressantes du quotidien.

Une Thérapie Cognitive et Comportementale peut traiter la dépression en 3 à 6 mois.

Les Thérapies Cognitivo-Comportementales ont évolué à travers trois vagues principales.

  • Première vague (1950-1960) : elle se concentrait sur les comportements observables, utilisant des techniques comme le conditionnement et l’exposition pour modifier les comportements problématiques.
  • Deuxième vague (1960-1990) : elle a intégré les processus cognitifs, se focalisant sur la modification des schémas de pensée dysfonctionnels à travers des techniques comme la restructuration cognitive.
  • Troisième vague (1990) : elle a introduit des concepts de pleine conscience et d’acceptation. Cette approche, qui inclut des thérapies comme l’ACT (Thérapie d’Acceptation et d’Engagement) et la DBT (Thérapie Comportementale Dialectique), vise à développer la flexibilité psychologique et l’acceptation des expériences intérieures.

L’analyse fonctionnelle est un outil qui vise à comprendre comment les pensées, les émotions, les comportements, leurs conséquences, et l’environnement interagissent pour maintenir ou aggraver les symptômes dépressifs.

Concrètement, l’analyse fonctionnelle permet de prendre du recul sur les pensées et de vérifier qu’on utilise le bon cercle de fonctionnement.

La restructuration cognitive est une méthode qui permet, face à une pensée négative ou peu rationnelle, d’aller vers des pensées plus positives et adaptées. Elle aide à prendre du recul sur une situation difficile et à réduire le mal-être. Cette stratégie est un élément clé des thérapies cognitivo-comportementales et a été inventée par le psychiatre américain Aaron Beck.

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