Cyclothymie : Tout Comprendre sur ce Trouble (Guide Simple)

Sommaire :

Si les fluctuations de l’humeur sont normales, elles peuvent devenir préoccupantes lorsqu’elles suivent un schéma récurrent et perturbent notre vie.

En effet, cela peut cacher un trouble de l’humeur comme la cyclothymie.

Heureusement, il existe aujourd’hui des approches efficaces pour mieux comprendre et gérer ce trouble.

Alors aujourd’hui, je vous propose de :

  • Découvrir ce qu’est la cyclothymie ;
  • Quels sont les symptômes ;
  • Qu’est-ce qui peut causer ce trouble ;
  • Découvrir les différentes approches pour le traiter ;
  • Etc.

Si vous voulez en savoir plus sur la cyclothymie, alors vous êtes au bon endroit.

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En Bref :

🔄 La cyclothymie est un trouble de l’humeur du spectre bipolaire caractérisé par une alternance d’épisodes d’exaltation légère (phase d’hypomanie) et de tristesse modérée (dysphorie), qui persiste pendant au moins deux ans et touche environ 6% de la population.

🧠 Ce trouble se distingue par des cycles courts et irréguliers, avec des variations moins intenses mais plus fréquentes que dans les troubles bipolaires classiques, créant une instabilité émotionnelle chronique qui impacte significativement les relations personnelles et la vie professionnelle.

🔍 Le diagnostic reste souvent tardif (5 à 10 ans après les premiers symptômes) car les fluctuations d’humeur sont souvent attribuées à un simple trait de caractère, et nécessite une évaluation approfondie par un psychiatre avec un suivi des variations d’humeur sur plusieurs semaines.

🧬 Les causes sont multifactorielles : prédisposition génétique, facteurs neurobiologiques, traumatismes précoces, et l’environnement (stress, perturbations du rythme circadien, événements de vie) joue un rôle crucial dans l’expression et l’évolution du trouble.

💊 La prise en charge combine approches médicamenteuses (stabilisateurs d’humeur), psychothérapeutiques (thérapie cognitive-comportementale, psychoéducation), et l’importance d’une hygiène de vie rigoureuse (sommeil régulier, activité physique, gestion du stress) avec le soutien de groupes de parole.

Sommaire :

La Cyclothymie : Un Trouble de l'Humeur Méconnu

La cyclothymie est un trouble de l’humeur appartenant au spectre bipolaire. Elle se caractérise par une alternance d’épisodes d’exaltation légère et de périodes de tristesse modérée (ou de dysphorie, c’est-à-dire les symptômes de la dépression sans que le seuil de dépression soit atteint).

Pour qu’un diagnostic de trouble cyclothymique soit posé, ces fluctuations d’humeur doivent persister pendant au moins deux ans.

Durant cette période, les symptômes doivent être présents plus de la moitié du temps, avec des intervalles sans symptômes ne dépassant pas deux mois.

Ce qui distingue la cyclothymie des autres troubles bipolaires, c’est que ces variations sont moins intenses mais plus fréquentes, créant une instabilité émotionnelle chronique.

6% de la Population Touchée

La cyclothymie touche environ 6% de la population générale, ce qui en fait un trouble relativement fréquent bien que souvent méconnu.

Elle affecte les hommes et les femmes de façon à peu près égale, bien que certaines études suggèrent une légère prédominance féminine.

Les premiers signes apparaissent généralement à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, mais peuvent parfois se manifester dès l’enfance.

Le trouble peut évoluer vers un trouble bipolaire dans certains cas, ou persister sous sa forme initiale pendant de nombreuses années.

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Les Symptômes de la Cyclothymie

La cyclothymie se manifeste par une alternance de phases avec des symptômes d’hypomanie et de phases avec des symptômes de dépression, ce qui influence profondément le quotidien et les relations.

Phases hautes : énergie, enthousiasme et comportements caractéristiques

Durant les phase hautes, qui peuvent durer de quelques jours à quelques semaines, on peut observer plusieurs symptômes caractéristiques :

  • Une énergie débordante et un besoin réduit de sommeil
  • Un enthousiasme exagéré et une confiance en soi accrue
  • Une augmentation de la créativité et de la productivité
  • Une tendance à parler plus vite et davantage
  • Une plus grande sociabilité et un besoin de contact social
  • Des comportements impulsifs (achats compulsifs, décisions hâtives)
  • Une irritabilité accrue face aux contrariétés

Contrairement aux épisodes maniaques du trouble bipolaire classique, l’hypomanie ne provoque pas de symptômes psychotiques ni d’hospitalisation, mais elle peut tout de même perturber le fonctionnement quotidien.

Phases de dysphorie : tristesse, fatigue et repli sur soi

Ces périodes se caractérisent par :

  • Une tristesse persistante ou un sentiment de vide
  • Une fatigue chronique et un manque d’énergie
  • Une perte d’intérêt pour les activités habituellement plaisantes
  • Une tendance à l‘isolement social
  • Des difficultés de concentration et une baisse de motivation
  • Une vision pessimiste de l’avenir
  • Des troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie)

Ces épisodes, bien que moins sévères qu’une dépression caractérisée, sont suffisamment intenses pour affecter la qualité de vie.

Ils génèrent souvent un sentiment de frustration, car on peut se sentir incapable de maintenir le niveau d’énergie et d’enthousiasme des périodes hautes.

Des Cycles Courts et Irréguliers

La cyclothymie se distingue par des cycles relativement courts et irréguliers.

Les changements d’humeur peuvent survenir toutes les quelques semaines, voire tous les quelques jours dans certains cas.

La durée des cycles varie considérablement d’une personne à l’autre et même chez un même individu au cours du temps.

Certains facteurs environnementaux comme le stress, les changements de saison ou les modifications du rythme de sommeil peuvent influencer la fréquence et l’intensité des cycles.

Impact sur la vie quotidienne

Conséquences sur les relations personnelles et familiales

La cyclothymie peut mettre à rude épreuve les relations interpersonnelles et se traduire par des ruptures amoureuses répétées, des difficultés familiales ou des amitiés fluctuantes :

  • Les proches peuvent avoir du mal à comprendre ces changements d’humeur apparemment sans cause
  • Les périodes basses peuvent être interprétées comme un manque d’intérêt ou de l’indifférence
  • Les phases hautes peuvent générer des comportements impulsifs ou irritables qui créent des tensions
  • L’instabilité émotionnelle peut affecter la vie de couple et la capacité à maintenir des relations stables

Répercussions sur la vie professionnelle et sociale

Dans le domaine professionnel, la cyclothymie peut avoir des effets contradictoires, et se traduire par des changements fréquents d’emploi, des difficultés à respecter les délais ou à maintenir un engagement constant :

  • Pendant les phases hautes, on peut faire preuve d’une grande créativité et productivité
  • Ces périodes peuvent favoriser la réussite dans certains domaines artistiques ou entrepreneuriaux
  • En revanche, les phases de dysphorie peuvent nuire à la concentration et à la motivation
  • L’alternance rapide entre ces états peut conduire à des résultats inégaux et une réputation d’inconstance

La cyclothymie coexiste souvent avec d’autres troubles : l’anxiété est fréquemment associée, particulièrement pendant les transitions entre les phases, une hypersensibilité émotionnelle, des troubles du sommeil chroniques et/ou des comportements addictifs

Pourquoi devient-on cyclothymique ?

L’origine de la cyclothymie est multifactorielle :

  • Une prédisposition génétique semble jouer un rôle important (risque accru chez les personnes ayant des antécédents familiaux de troubles de l’humeur)
  • Des facteurs neurobiologiques, notamment des déséquilibres dans les systèmes de neurotransmetteurs, sont impliqués
  • Des traumatismes précoces ou répétés peuvent favoriser le développement du trouble
  • L’interaction entre ces différents facteurs détermine l’apparition et l’évolution de la cyclothymie

Il ne s’agit donc pas d’un simple trait de caractère mais d’une condition médicale résultant de l’interaction entre biologie et environnement.

 

Trait de Personnalité et Prédisposition Biologique

Le tempérament cyclothymique représente une prédisposition biologique aux fluctuations d’humeur. On distingue le tempérament cyclothymique (trait de personnalité) du trouble cyclothymique (condition clinique) :

  • Le tempérament cyclothymique peut exister sans atteindre l’intensité ou la durée requises pour un diagnostic de trouble
  • Il peut constituer un facteur de vulnérabilité pour développer ultérieurement un trouble cyclothymique ou bipolaire
  • Ce tempérament comporte souvent une sensibilité émotionnelle accrue et une réactivité plus forte aux stimuli externes
  • Le tempérament cyclothymique peut parfois être associé à des traits créatifs et artistiques, ce qui explique sa prévalence plus élevée dans certains milieux artistiques.

Rôle des facteurs environnementaux

L’environnement joue un rôle essentiel dans l’expression et l’évolution de la cyclothymie :

  • Le stress chronique ou aigu peut déclencher ou intensifier les cycles
  • Les perturbations du rythme circadien (travail posté, décalage horaire) aggravent souvent les symptômes
  • Les événements de vie majeurs (deuil, séparation, changement professionnel) peuvent provoquer des variations de l’humeur plus marquées
  • L’exposition à la lumière et les changements saisonniers influencent parfois l’humeur

Dans la cyclothymie, tout n'est pas prédéterminé : le parcours personnel et l'hygiène de vie peuvent aggraver le trouble

L'influence du mode de vie sur l'intensité des symptômes

Plusieurs facteurs liés au mode de vie peuvent exacerber ou atténuer les manifestations de la cyclothymie :

  • La qualité et la régularité du sommeil sont particulièrement déterminantes
  • La consommation d’alcool et de substances psychoactives tend à déstabiliser l’humeur
  • L’alimentation et l’activité physique régulière jouent un rôle stabilisateur
  • La gestion du stress et l’apprentissage de techniques de régulation émotionnelle peuvent réduire l’amplitude des cycles

Ces facteurs constituent des leviers importants sur lesquels nous pouvons agir pour améliorer la gestion du trouble.

Femme souffrant de dépression en RDV chez une psychothérapeute TCC

Comment est diagnostiquée la cyclothymie ?

La cyclothymie reste souvent non diagnostiquée pendant de longues périodes. En moyenne, il faut compter entre 5 et 10 ans entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic.

Pourquoi ?

Eh bien, pour plusieurs raisons :

  • Les fluctuations d’humeur sont souvent attribuées à un simple trait de caractère (« il/elle est lunatique »)
  • On peut s’être habitué à ces variations et les considérer comme normales
  • Les phases hypomaniaques sont parfois perçues comme positives et productives
  • Les périodes de baisse d’humeur ne sont pas aussi profondes que dans une dépression


Il n’est pas rare qu’on consulte d’abord pour des problèmes d’anxiété, des difficultés relationnelles ou des troubles du sommeil avant que le diagnostic de cyclothymie ne soit évoqué.

Le parcours diagnostique

Le diagnostic de la cyclothymie présente plusieurs défis :

  • Nos symptômes peuvent ressembler à d’autres troubles comme l’anxiété ou la dépression
  • Nous ne mentionnons pas toujours nos phases d’énergie (hypomanie) car nous les percevons comme positives
  • Notre médecin généraliste peut ne pas être familier avec ce trouble spécifique

En général, le parcours commence par une consultation chez notre médecin traitant, qui nous orientera vers un psychiatre pour une évaluation plus approfondie. Il est pertinent de noter nos variations d’humeur sur plusieurs semaines avant le rendez-vous – cela aidera grandement le professionnel.

Les critères médicaux pour établir le diagnostic

Pour diagnostiquer une cyclothymie, le médecin recherche :

  • Des périodes répétées d’humeur élevée (phases hautes) et d’humeur basse (dysphorie)
  • La présence de ces symptômes pendant au moins la moitié du temps sur une période de 2 ans
  • Des symptômes suffisamment significatifs pour impacter notre vie quotidienne
  • L’absence d’autres troubles qui expliqueraient mieux ces symptômes

Le diagnostic prend du temps car il nécessite d’observer l’évolution de nos symptômes sur une longue période.

Tests et évaluations utilisés par les professionnels

Plusieurs outils peuvent aider au diagnostic, comme le Questionnaire des Troubles de l’Humeur (MDQ). Ces évaluations doivent être complétées par un examen clinique complet pour écarter d’autres causes potentielles, comme des troubles thyroïdiens.

Les Traitements Médicamenteux

Plusieurs options médicamenteuses peuvent être envisagées :

  • Les stabilisateurs d’humeur, comme le lithium ou certains anticonvulsivants (valproate, lamotrigine), constituent souvent la base du traitement pharmacologique
  • Les antidépresseurs sont généralement évités ou utilisés avec prudence car ils peuvent déclencher des cycles rapides ou des phases hypomaniaques
  • La décision d’utiliser ces traitements dépend de l’équilibre entre l’impact fonctionnel du trouble et certains avantages potentiels (comme les périodes de créativité accrue)
  • Le traitement médicamenteux doit toujours être personnalisé et suivi régulièrement par un psychiatre.

Les approches psychothérapeutiques

Plusieurs formes de psychothérapie ont démontré leur efficacité :

  • La thérapie cognitive-comportementale aide à identifier et modifier les schémas de pensée problématiques
  • La psychoéducation permet de mieux comprendre le trouble et ses manifestations
  • Les thérapies interpersonnelles et de régulation des rythmes sociaux aident à stabiliser les routines et améliorer les relations
  • La thérapie familiale peut aider l’entourage à mieux comprendre et soutenir la personne

Ces approches non médicamenteuses sont souvent essentielles et peuvent parfois suffire dans les cas moins sévères.

L'importance de l'hygiène de vie et des routines

La gestion quotidienne joue un rôle crucial :

  • Maintenir un rythme de sommeil régulier est fondamental
  • Pratiquer une activité physique modérée et régulière aide à stabiliser l’humeur
  • Adopter une alimentation équilibrée en limitant les excitants (caféine, alcool)
  • Mettre en place des techniques de gestion du stress (méditation, relaxation)
  • Établir des routines quotidiennes pour structurer son temps

Ces mesures d’hygiène de vie constituent souvent la pierre angulaire de la gestion à long terme de la cyclothymie.

Les ressources et groupes de soutien

Le soutien social est essentiel :

  • Les groupes de parole entre personnes partageant le même trouble permettent d’échanger expériences et stratégies
  • Des associations comme l’Unafam ou Argos 2001 proposent information et soutien
  • Les forums en ligne et réseaux sociaux dédiés peuvent réduire le sentiment d’isolement
  • L’éducation de l’entourage favorise une meilleure compréhension et un soutien adapté

Ces ressources complètent utilement la prise en charge médicale et psychologique.

 

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Geoffrey_Post_Psychiatre_Feel

Médecin psychiatre, spécialiste des Thérapies Cognitives et Comportementales et rattaché au Service de Santé des Armées (Grand Est).

FAQ

Le choix du thérapeute est une décision personnelle importante. Il est recommandé de :
– Vérifier ses qualifications et son inscription aux registres professionnels
– Faire un premier rendez-vous pour évaluer le contact
– S’assurer que son approche thérapeutique nous correspond
– Ne pas hésiter à consulter plusieurs professionnels avant de faire son choix

La durée de la thérapie varie considérablement selon les personnes et les approches choisies. En général, on peut s’attendre à :
– 3-6 mois pour une TCC classique
– 3-6 mois pour une thérapie interpersonnelle
– 1-2 ans ou plus pour une thérapie analytique

Les signes d’amélioration peuvent inclure une meilleure qualité de sommeil, le retour progressif de l’intérêt pour nos activités habituelles, une diminution des pensées négatives, et une plus grande facilité à gérer les situations stressantes du quotidien.

Une Thérapie Cognitive et Comportementale peut traiter la dépression en 3 à 6 mois.

Les Thérapies Cognitivo-Comportementales ont évolué à travers trois vagues principales.

  • Première vague (1950-1960) : elle se concentrait sur les comportements observables, utilisant des techniques comme le conditionnement et l’exposition pour modifier les comportements problématiques.
  • Deuxième vague (1960-1990) : elle a intégré les processus cognitifs, se focalisant sur la modification des schémas de pensée dysfonctionnels à travers des techniques comme la restructuration cognitive.
  • Troisième vague (1990) : elle a introduit des concepts de pleine conscience et d’acceptation. Cette approche, qui inclut des thérapies comme l’ACT (Thérapie d’Acceptation et d’Engagement) et la DBT (Thérapie Comportementale Dialectique), vise à développer la flexibilité psychologique et l’acceptation des expériences intérieures.

L’analyse fonctionnelle est un outil qui vise à comprendre comment les pensées, les émotions, les comportements, leurs conséquences, et l’environnement interagissent pour maintenir ou aggraver les symptômes dépressifs.

Concrètement, l’analyse fonctionnelle permet de prendre du recul sur les pensées et de vérifier qu’on utilise le bon cercle de fonctionnement.

La restructuration cognitive est une méthode qui permet, face à une pensée négative ou peu rationnelle, d’aller vers des pensées plus positives et adaptées. Elle aide à prendre du recul sur une situation difficile et à réduire le mal-être. Cette stratégie est un élément clé des thérapies cognitivo-comportementales et a été inventée par le psychiatre américain Aaron Beck.

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