Dépression chez les Jeunes : Chiffres et Statistiques

Sommaire :

Les épisodes dépressifs ont progressé en France, particulièrement chez l’enfant, l’adolescent et le jeune adulte.

Notre analyse met en lumière la progression alarmante des épisodes dépressifs et de la consommation d’antidépresseurs chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes.

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Les Chiffres Clés

  • 13% des enfants de 6 à 11 ans présentent au moins un trouble probable de santé mentale ;
  • 1 jeune sur 10 âgé de moins de 18 ans présente des difficultés psychosociales ;
  • 20.8% des jeunes adultes (18 -24 ans) ont été affectés par la dépression en 2021 ;
  • Les jeunes femmes sont particulièrement affectées, avec un taux de 26.5% contre 15.2% chez les jeunes hommes ;
  • La consommation d’antidépresseurs a augmenté de 62,58% chez l’enfant et l’adolescent entre 2014 et 2021 ;
  • Seuls 30 % des enfants sont reçus par un pédiatre.

Un diagnostic complexe

Si chez l’adulte, on parle de dépression lorsqu’il y a persistance durant plus de 2 semaines des symptômes suivants :

  • Humeur dépressive ;
  • Perte d’intérêt pour les choses que nous aimions avant ;
  • Fatigue excessive ;
  • Troubles du sommeil ;
  • Diminution de l’estime de soi ;
  • Pensées de mort ou de suicide.
La dépression chez les adolescents est souvent difficile à identifier. En effet, contrairement aux adultes, les symptômes ne sont pas toujours clairs.

L’adolescent·e déprimé·e peut :

  • Être irritable ou agressif ;
  • Se replier sur lui-même ;
  • Perdre intérêt pour ses activités ;
  • Avoir des troubles du sommeil ou de l’appétit ;
  • Se sentir fatigué ou triste sans raison.

Or, ces symptômes peuvent être compris par les parents et les proches comme une « crise d’adolescence« . Il convient donc de rester particulièrement vigilant.

Des troubles dès le plus jeune âge

L’étude nationale sur le bien-être des enfants (“Enabee”) a rassemblé des données sur l’année 2021-2022 auprès de plus de 15.000 enfants et enseignants, ainsi qu’auprès de 10.000 parents.

Elle révèle que 13% des enfants de 6 à 11 ans présentent au moins un trouble probable de santé mentale, et parmi eux, 5.6% présentent un « trouble émotionnel probable« .

L’adolescence, un moment délicat

Selon l’analyse de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), près d’un jeune sur dix âgé de 3 à 17 ans présente des difficultés psychosociales.

La crise Covid aurait aggravé la détresse ressentie par ces jeunes, notamment entre mars 2020 et juillet 2021.

18-24 ans : la situation s’aggrave

Les données du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire signalent que 20.8% des jeunes adultes, entre 18 et 24 ans, ont été affectés par la dépression en 2021.

Cette statistique reflète une hausse notable de près de 80% par rapport à 2017 (11.7%).

Les jeunes femmes sont particulièrement affectées, avec un taux de 26.5% contre 15.2% chez les jeunes hommes. 

La progression de la dépression chez les jeunes dépeint un tableau plutôt sombre, soulignant l’impératif d’actions pour améliorer leur bien-être mental.

Consommation d’antidépresseurs chez les jeunes en France

L’étude du HCFEA (Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge) dévoile des chiffres alarmants.

Entre 2014 et 2021, la consommation de psychotropes chez l’enfant et l’adolescent a explosé.

  • L’augmentation est de 62,58% pour les antidépresseurs,
  • De 78,07% pour les psychostimulants,
  • De 48.54% pour les antipsychotiques.

Le rapport souligne que “ces niveaux d’augmentation sont sans commune mesure (2 à 20 fois plus élevés) avec ceux observés au niveau de la population générale”.

Les jeunes, touchés par une détresse psychique, se retrouvent donc davantage sous médication.

Cette découverte interpelle et incite à une réflexion sur la santé psychologique des jeunes, mais surtout sur la nécessité d’alternatives thérapeutiques.

Les conséquences de l'absence de diagnostic et de traitement

Le risque de récidive, après un premier épisode dépressif, est accentué chez ceux ayant été touchés plus jeunes.

Le risque de rechute, en l’absence de traitement, est d’environ 50% dans les cinq à dix ans.

La méta-analyse “Stratégies de prévention des rechutes pour la dépression et l’anxiété chez les adolescents et les jeunes adultes en rémission” détaillée dans ScienceDirect, met en évidence les taux de rechute de la dépression majeure chez les jeunes.

Ils varient de 47% à 67% sur 6 à 24 mois et peuvent atteindre jusqu’à 72% sur 15 ans.

L’étude révèle également que les stratégies de prévention de la rechute, notamment les interventions psychologiques et la continuation des antidépresseurs, réduisent le risque de rechute.

Deux amies qui se prennent dans les bras pour s'apporter du soutien face à la dépression

L’offre de soin en santé mentale dédiée aux jeunes

L’accès aux soins est crucial pour préserver la santé psychologique des jeunes. 

Le rapport du HCFEA souligne un fort recul de l’offre pédiatrique et pédopsychiatrique, forçant les généralistes à prendre le relais.

Il précise que seuls 30 % des enfants sont reçus par un pédiatre, qui concentre sa patientèle sur les moins de 2 ans.

Il existe toutefois des structures qui s’efforcent de répondre aux besoins des jeunes, et de fournir une offre innovante et complète.

Ville de Paris

La Ville de Paris a par exemple instauré des consultations psychologiques spécifiques pour les pré-ados, les adolescents et les jeunes adultes. Ces consultations sont facilitées par un parcours de soins coordonnés dans le Centre de santé Edison.

Maison Thérapeutique du Collégien et du Lycéen

La Maison Thérapeutique du Collégien et du Lycéen (MTCL) à Quimper offre pour sa part un environnement de soins pour les jeunes de 12 à 20 ans en proie à des difficultés psychologiques.

groupe Clinea

Le groupe Clinea propose des unités d’hospitalisation spécifiques pour adolescents et jeunes adultes, facilitant ainsi l’acceptation de l’aide psychologique et une meilleure qualité de soins grâce à des équipes spécialisées. 

Institut de l’Enfant, de l’Adolescent et du Jeune Adulte de Lyon

L’Institut de l’Enfant, de l’Adolescent et du Jeune Adulte (IEAJA) à Lyon est une initiative dédiée aux 12-25 ans. Structuré autour de 3 pôles (accompagnement psychopédagogique des élèves et étudiants, troubles nutritionnels complexes, accompagnement des jeunes souffrant de troubles somatiques chroniques), il dispose d’une capacité de 50 lits.

CROUS, CMP et les Maisons des Habitants

Et ce n’est pas tout, le CROUS, les Centres médico-psychologiques (CMP) et les Maisons des Habitants mettent en place des initiatives diverses comme des points d’accueil et d’écoute de la souffrance mentale, des consultations psychologiques ou encore des Happsy Hours. 

Ces offres de soins diversifiées et dédiées illustrent une prise de conscience croissante des besoins spécifiques des jeunes en matière de santé mentale.

Mais il reste des défis à surmonter pour assurer un accès complet et efficace aux soins.

Que Devez-vous Retenir ?

La dépression a progressé chez toutes les tranches d’âges durant les dernières années.

Ces statistiques révèlent l’urgence d’agir pour protéger la santé psychologique des jeunes.

Au-delà des initiatives décrites dans cet article, nous croyons fermement aux solutions permettant d’offrir plus d’autonomie, comme la Thérapie Cognitive et Comportementale (TCC), via des supports numériques tels que Feel.

Ces outils visent à aider les jeunes à prendre en main leur bien-être mental, en parallèle des autres actions de prévention, dépistage et prise en charge.

Sur ce sujet, la multiplicité des solutions semble être un moyen adapté face à l’ampleur du phénomène dépressif chez les jeunes.

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