
Effets Secondaires des Antidépresseurs (Guide Explicatif)
Apprenez à identifier et à gérer efficacement les effets secondaires des médicaments antidépresseurs.
Arrêter un antidépresseur peut soulever des questions et provoquer des effets secondaires mal interprétés, parfois confondus avec une rechute.
Ce moment clé du traitement demande un accompagnement attentif : un arrêt trop rapide ou mal adapté peut entraîner des symptômes de sevrage inconfortables.
Heureusement, un sevrage progressif et personnalisé des antidépresseurs, accompagné par un·e professionnel·le, permet de limiter ces effets et d’aborder sereinement cette étape.
La décision d’arrêter un traitement antidépresseur doit toujours être prise en concertation avec un médecin. En général, on envisage l’arrêt lorsque les symptômes dépressifs se sont nettement améliorés depuis plusieurs mois, que notre situation de vie est stable, et que nous nous sentons prêts à gérer cette transition.
Il faut consulter un médecin avant d’entamer un sevrage, le réaliser progressivement (réduction de 5‑10 % de dose toutes les 1–4 semaines), surveiller les symptômes, et mettre en place des stratégies de soutien (relaxation, activité physique, suivi psychologique).
Non, un arrêt brutal est fortement déconseillé. Il accroît le risque de symptômes sévères de sevrage et de rechute. L’arrêt doit toujours être progressif et suivi médicalement.
Le sevrage des antidépresseurs dure généralement 2 à 8 semaines, mais cette durée varie selon le type de médicament, la durée du traitement, le dosage et les facteurs individuels.
Ils incluent fatigue, courbatures, nausées, “chocs électriques” dans le corps, troubles digestifs, anxiété, irritabilité, troubles du sommeil ou hypersensibilité émotionnelle. Ces signes sont pénibles mais transitoires; la prise en charge médicale peut les soulager.
Des stratégies peuvent aider à atténuer les symptômes : techniques de relaxation, activité physique régulière, soutien psychologique et parfois switch vers une molécule à demi-vie plus longue.
La durée dépend de la molécule. Par exemple, la fluoxétine reste plusieurs semaines dans le sang, alors que d’autres sont éliminées en quelques jours.
Sur la fiche du traitement, on trouve la demi-vie : c’est le temps nécessaire pour que la moitié du médicament soit éliminée par le corps.
Par exemple, si la demi-vie est de 2 jours, il restera environ 25 % du médicament après 4 jours, et moins de 5 % après 10 jours.
On considère qu’il faut environ 5 demi-vies pour que le médicament disparaisse complètement. C’est l’une des raisons pour lesquelles le sevrage doit être progressif et adapté à chaque situation.
Il faut consulter rapidement en cas de signes inquiétants comme des idées suicidaires, une aggravation des symptômes ou des difficultés importantes dans le quotidien.
Si des signes de rechute apparaissent pendant le sevrage, il est crucial de consulter rapidement son médecin. Il pourra évaluer la situation et ajuster le plan de sevrage si nécessaire. Dans certains cas, il peut être recommandé de revenir temporairement à une dose plus élevée avant de reprendre le sevrage plus lentement.
La durée du sevrage aux antidépresseurs peut varier considérablement d’une personne à l’autre.
En général, on estime que le processus de sevrage dure entre 2 et 8 semaines. Les symptômes peuvent apparaître rapidement : par exemple pour la paroxétine, il peuvent survenir en 24 à 48h, atteindre le pic vers le 5e jour avant de diminuer progressivement sur 2 semaines.
Cette durée peut être plus courte ou plus longue selon plusieurs facteurs.
Certains médicaments, comme la paroxétine ou la venlafaxine, sont connus pour avoir des périodes de sevrage plus longues et potentiellement plus difficiles.
D’autres, comme la fluoxétine, qui a une demi-vie plus longue dans l’organisme, peuvent avoir des périodes de sevrage plus courtes et moins symptomatiques.
De manière générale : plus la demi-vie est courte, plus le risque d’avoir des symptômes de sevrage est grand, et à l’inverse plus la demi-vie est longue, plus il est rare d’avoir des symptômes.
Plus on a pris un antidépresseur longtemps, plus le sevrage risque d’être long. Notre corps s’est habitué à la présence du médicament, et il lui faudra du temps pour s’adapter à son absence. Un traitement de plusieurs années nécessitera généralement un sevrage plus progressif qu’un traitement de quelques mois.
La dose que l’on prenait influence également la durée du sevrage. Plus le dosage était élevé, plus le corps aura besoin de temps pour s’adapter à la diminution progressive du médicament.
Chaque personne est unique, et notre réaction au sevrage l’est tout autant. Certain·es d’entre nous pourront arrêter leur traitement relativement rapidement, tandis que d’autres auront besoin de plusieurs mois. Il est essentiel de ne pas se comparer aux autres et de respecter son propre rythme.
Le fait d’avoir déjà présenté un syndrome de sevrage augmente le risque de refaire un syndrome (même avec une autre molécule).
Le sevrage antidépresseur peut s’accompagner de divers symptômes, à la fois physiques et psychologiques.
Ils suivent généralement une courbe ascendante puis descendante.
Ils peuvent apparaître dans les jours qui suivent la diminution ou l’arrêt du traitement, atteindre un pic d’intensité, puis s’estomper progressivement.
Cette évolution peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans certains cas.
Il est crucial de ne pas confondre ces symptômes avec une rechute dépressive.
Bien qu’ils puissent être intenses, ils sont transitoires et s’atténuent avec le temps.
Si les symptômes de sevrage sont particulièrement sévères, persistent au-delà de plusieurs semaines, vous empêchent de fonctionner normalement et/ou vous causent une détresse importante, consultez votre médecin.
Vous avez déjà franchi l’étape la plus difficile de votre traitement. Ce sevrage est une courte période transitoire. Votre corps et votre esprit s’adaptent, et vous irez bientôt mieux.
N’hésitez pas à vous faire accompagner par votre médecin ou un professionnel de santé pendant cette période.
Parmi les symptômes physiques les plus fréquents, on trouve :
Ces symptômes, bien que handicapants et anxiogènes, sont temporaires et sans danger. Ils témoignent de l’adaptation de notre corps à l’absence du médicament.
Sur le plan psychologique, on peut ressentir :
L’arrêt des antidépresseurs est un processus qui nécessite de la patience et un suivi médical approprié. Il est absolument essentiel de :
Le sevrage antidépresseur ne doit jamais être entrepris seul·e. Un suivi médical régulier est indispensable pour :
Il est conseillé de consulter notre médecin dès que nous avons des questions ou des inquiétudes. Son rôle est de nous accompagner tout au long de ce processus.
Il est fortement déconseillé d’arrêter du jour au lendemain un traitement antidépresseurs. En effet, un arrêt brutal peut entraîner des symptômes de sevrage intenses et augmenter le risque de rechute dépressive.
Un arrêt progressif permet à notre corps et à notre cerveau de s’adapter en douceur à la diminution du médicament.
Le protocole standard pour l’arrêt des antidépresseurs consiste généralement à diminuer la dose de 5 à 10% toutes les 1 à 4 semaines.
Cette approche permet de minimiser les symptômes de sevrage et de s’assurer que notre état psychologique reste stable.
Ce rythme peut varier en fonction de notre réaction individuelle.
Certain·es d’entre nous auront besoin d’une diminution plus lente, tandis que d’autres pourront procéder plus rapidement.
L’essentiel est d’être à l’écoute de son corps et de communiquer régulièrement avec son médecin.
Bien que le sevrage antidépresseur puisse être une période difficile, il existe de nombreuses stratégies pour en atténuer les symptômes et traverser cette phase plus sereinement.
La pratique régulière de techniques de relaxation peut grandement aider à gérer l’anxiété et les troubles du sommeil souvent associés au sevrage. La cohérence cardiaque ou le training autogène de Schultz sont autant d’outils à notre disposition. Ces pratiques nous permettent de nous reconnecter à notre corps et de mieux gérer notre stress.
L’exercice physique est un allié précieux pendant le sevrage antidépresseur. Il aide à réguler notre humeur, améliore notre sommeil et renforce notre résistance au stress. Une activité régulière, même modérée comme la marche quotidienne, peut faire une réelle différence dans notre bien-être général.
Le sevrage antidépresseur est aussi un moment propice pour renforcer nos compétences en gestion des émotions et du stress. Un suivi psychologique, qu’il s’agisse de thérapie cognitivo-comportementale ou d’autres approches, peut nous fournir des outils précieux pour traverser cette période et prévenir les rechutes futures.
Parfois, votre médecin vous proposera d’introduire transitoirement une molécule à demi-vie longue comme la fluoxétine pour réduire les symptômes et vous permettre de réaliser un sevrage “en douceur”.
Certaines situations nécessitent une attention particulière lors du sevrage antidépresseur.
Pour ceux qui ont suivi un traitement antidépresseur pendant une courte période (moins de 8 semaines), le sevrage peut être plus rapide. Cependant, il est toujours recommandé de procéder progressivement et sous supervision médicale pour minimiser les risques de symptômes de sevrage.
À l’inverse, après plusieurs années de traitement, le sevrage peut nécessiter une approche encore plus progressive. Notre corps s’est habitué à la présence du médicament, et il lui faudra plus de temps pour s’adapter à son absence. Dans ces cas, le sevrage peut s’étendre sur plusieurs mois, voire une année ou plus.
L’arrêt brutal des antidépresseurs est à proscrire absolument. Il peut entraîner des symptômes de sevrage sévères, augmenter considérablement le risque de rechute dépressive, et dans certains cas, provoquer des complications médicales.
Si pour une raison quelconque nous devons arrêter rapidement notre traitement, il est impératif de consulter immédiatement un médecin pour mettre en place un plan d’action adapté.
Bien que le sevrage antidépresseur soit généralement un processus gérable, il existe des situations où une consultation médicale rapide s’impose.
Voici quelques signes qui doivent nous alerter et nous pousser à consulter rapidement :
Notre médecin joue un rôle central dans le processus de sevrage. Il peut :
A tout moment, on peut solliciter notre médecin en cas de doute ou d’inquiétude. Sa mission est de nous accompagner tout au long de ce processus pour assurer sa réussite.
L’arrêt des antidépresseurs est une étape importante de votre parcours de santé mentale qui mérite une approche réfléchie et accompagnée. Voici les points essentiels à retenir :
Rappelez-vous : chaque parcours est unique. Il n’y a pas de rythme « normal » – seul compte votre bien-être. Votre médecin est là pour adapter le processus à vos besoins spécifiques.
Cette étape peut sembler intimidante, mais des milliers de personnes l’ont franchie avec succès. Avec le bon accompagnement et les bonnes stratégies, vous aussi pouvez y arriver. 🌱
Médecin psychiatre, spécialiste des Thérapies Cognitives et Comportementales et rattaché au Service de Santé des Armées (Grand Est).
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Ressources
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